JPG: Photos by Jean-François Dupuis

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lundi 19 octobre 2015

Symphonie urbaine par Jean-François Dupuis

J'ai du plaisir à procéder à des jeux de transformations qui me permettent d’en imposer une vision singulière au spectateur. La pression créatrice est destinée à faire éclater les normes qui constituent notre compréhension ordinaire du monde. Produire des images, c’est me faire plaisir: C’est d’abord une jouissance de la matière, puis le plaisir de voir apparaître lentement puis de développer sur un support, une image jusque-là inconnue, qui bouge et se transforme à chacun de nos gestes jusqu’à l’envahissement complet de l’espace bidimensionnel. Dans cette élaboration de l’image, s’imbriquent des temps d’arrêt, de réflexions, des prises de conscience du discours qui est à s’inscrire. A partir d’images familières, j’ai du plaisir à procéder à des jeux de transformations qui me permettent d’en imposer une vision singulière au spectateur.











Les femmes fatales par Jean-François Dupuis

En 1917, Mata Hari, célébrissime espionne aux talents indéniables, ouvre le bal des femmes fatales : celle qui entraîne l'homme à sa perte. Elle aurait en effet obtenu des secrets militaires sur l'oreiller.
Dans les années 30, Loulou de Pabst, perverse, séductrice et fascinante, en incarne une facette trouble et mémorable, tout comme Lola Lola, l'Ange bleu joué par Marlène Dietrich, qui en demeure une figure quasi iconique. Fatal rime avec amour fou, suicide ou meurtre !



Plus tard, la vogue du film noir, entre 1940 et 1950, donnera naissance à d'autres figures emblématiques, telles que Gene Tierney, Ava Gardner ou encore Lauren Bacall, auxquelles succombent immanquablement les hommes. Rarement pour le meilleur !









Photographe Jean-François Dupuis

Ma démarche se nourrit du besoin irrépressible de figer l’instant et de mémoriser la vibration ressentie par le regard ou la rencontre. La photographie et l’image vidéo ont cette capacité de fixer cette émotion momentanée, celle qui m’accroche parce qu’elle excite mes sens, tous mes sens. Je la confie alors à celui qui l’observe. Comme un objet de passation, je souhaite que l’image interpelle sa propre mémoire sensorielle.  Parce que cet ensemble de neurostimulations ne font que créer ce fameux sixième sens. Celui-ci se développe pour chacun de nous en un capteur de vie, qui donne la possibilité de s’inventer une histoire à partir de ses émois personnels.


























dimanche 18 octobre 2015

Photographe de Sherbrooke Jean-François Dupuis

Photographe de Sherbrooke



« Je pense que c’est ce qui caractérise le plus mon travail : je cherche à imager des ambiances, peut-être parce que je suis très influencé par le cinéma. »
Dans sa plus récente exposition, Urbanité, se trouvent d’ailleurs quelques clichés qui sont des clins d’oeil aux classiques Metropolis et Blade Runner. « Plus jeune, j’aimais beaucoup la science-fiction, probablement parce que c’était un autre monde dans lequel plonger », explique celui qui a découvert la photographie au Cégep de Sherbrooke.
Il a eu la piqûre de l’image à un point tel qu’il est ensuite parti étudier la photographie à Matane.
« Avant de revenir vivre à Sherbrooke, j’ai habité Montréal pendant quelques années. J’y étais assistant de photographes. L’un d’eux travaillait pour L’Actualité. Il fallait trouver des idées rapidement pour réaliser le meilleur portrait possible. Avec lui, j’ai appris à m’adapter à tous les contextes. »
L’expérience sur le terrain a porté ses fruits. Aujourd’hui, Jean-François Dupuis n’essaie pas de créer un décor parfait. Il compose avec la scène qu’il a devant les yeux. Point.
« Je garde ça simple, finalement. Je regarde ce qui est là, je joue beaucoup avec la lumière naturelle et les lieux. Je saisis l’ambiance, encore une fois. »
Les trente-et-une photos qu’il expose au Centre d’art de Richmond ont été prises à New York autant qu’à Montréal, mais elles n’ont rien des clichés touristiques habituellement associés aux grandes villes.
« À New York, je voulais des scènes de pluie, mais il faisait vraiment beau. J’ai créé l’effet voulu en utilisant un plexiglas et de la glycérine. »
Quelques photos viennent aussi de séances faites à Sherbrooke, mais à première vue, ça ne saute pas aux yeux.
« Parce que ça reste des scènes urbaines assez anonymes. On devine parfois des silhouettes, mais on ne reconnaît personne. Pour moi, la ville, c’est un univers riche en ambiances, en couleurs, en odeurs. C’est ce que j’avais envie de faire ressortir », souligne celui qui se considère comme un touche-à-tout.
Différents médiums
De fait, il manie différents médiums. Photos argentiques, numériques et images saisies via iPhone se voisinent dans son expo. C’est sans compter la peinture et l’art fractal (des images informatiques réalisées à partir d’équations mathématiques) qu’il utilise pour donner du corps et de la personnalité à ses prises de vue.
« Jouer avec l’acrylique, ça m’apporte un peu le même plaisir que j’avais à développer en chambre noire. J’expérimente sans me poser de limites », indique Jean-François Dupuis, qui s’amuse aussi avec le pastel, l’encre, le fusain et la peinture industrielle.
Habile dans l’utilisation de diverses techniques, il est aussi polyvalent sur le terrain. En plus de donner des cours de photographie et de réaliser des commandes plus ciblées pour le compte d’organismes tels que Transports Canada, il crée des images pour le portail art.com. Ses photos colorées se retrouvent même dans l’imprimé de robes vendues sur le site européen http://www.artonfashion.com.
L’infatigable créateur, qui estime à 35 000 le nombre d’images qui portent sa signature, a aussi tiré le portrait de David Goudreault pour la pochette de son prochain album.
« Je suis très fier du résultat. On a fait une séance au studio à Montréal et une autre au Granada de Sherbrooke. Il y a de la texture dans l’image, c’est très créatif. »
Retour au Polaroid
Jamais en panne d’idées, l’artiste sherbrookois cherche quand même à explorer de neufs sentiers. Récemment, il s’est remis au Polaroid. Pour le plaisir de jouer avec l’image.
« La magie de l’instantané m’attirait. Tu ne sais jamais comment la photo va sortir. Il existe des applications dans Photoshop pour créer un effet Polaroid, mais ça ne donne jamais la même texture qu’avec un appareil. »
Avec d’autres photographes, il travaille d’ailleurs sur l’exposition ExPolaroid, qui sera présentée au Centre Pierre-Gobeil de Rock Forest ce printemps et qui regroupera des épreuves prises avec des appareils instantanés. Le projet, inspirant, s’ajoute aux plans pluriels que Dupuis a en tête pour meubler les prochains mois. Jamais en panne d’inspiration, le photographe a encore mille idées à mettre en images.
« J’ai toujours l’oeil en mode images parce que j’ai besoin d’en faire. C’est viscéral. Certains se défoulent dans le sport. Moi, c’est dans la photographie. »

Le cimetière Emlwood par Jean-François Dupuis

Fin XIXe siècle, la présence au coeur de la ville de Sherbrooke du l’Union Cemetery situé à l’angle de l’actuelle intersection des rues Galt Ouest et Belvédère Sud commence à inquiéter la population et les autorités. Le mouvement hygiéniste trace un lien entre la proximité des cimetières et les maladies infectieuses, ce qui provoque le déménagement des sépultures vers d’autres sites aux limites de la ville.
Ainsi est érigé sur la rue Hyatt en 1890 le cimetière Elmwood qui accueille d’abord les corps et pierres tombales de l’Union Cemetery et les protestants de diverses confessions. Malgré l’étalement urbain qui sévit depuis, Elmwood donne encore l’impression aujourd’hui d’être planté en pleine forêt, au coeur de la ville, et de se fondre dans le décor.
«Il y a moins de symboles religieux chez les protestants sur leurs pierres tombales. Il n’est toutefois pas rare de voir l’emblème des francs-maçons ou des versets de la bible inscrits sur une pierre. Il y a aussi des couronnes de lauriers sur les stèles ou des lierres terrestres pour montrer qu’une famille est unie», explique l’historien André Tessier.
Un secteur du cimetière est réservé entièrement à la grande bourgeoisie Sherbrookoise, entre autres avec les familles Mitchell et Howard.